Article - Conquérir l'Everest, commence toujours par un rêve! 7/09

Conquérir l’Everest, commence toujours par un rêve !


Personne ne peut rêver à votre place…Tout commence avec soi

En voyant cette photo de sommets enneigés alors que nous souhaitons profiter au maximum des derniers jours de l’été, vous devez bien vous demander où je m’en vais avec mes skis!  J’ai choisi cette image car elle me rappelle un apprentissage fondamental que j’ai fait, il y a quelques années. L’importance d’être le porteur de nos propres rêves, de les partager et de toujours utiliser ceux-ci pour donner du sens à notre action.

Un itinéraire ambitieux…sans destination !

Souvent, quand j’interviens en consultation dans des organisations qui pilotent de grands changements, j’y rencontre des équipes de direction et des gestionnaires qui ont des plans stratégiques ambitieux, hyper bien documentés et structurés.  Cependant, je constate souvent la même lacune.  Le rêve, la vision et le sens sous-jacents à ces projets d’envergure ne sont pas communiqués par le leader aux équipes.

En l’absence d’un message clair et fortement incarné par le leader, les gestionnaires et les équipes se trouvent donc trop souvent engagées dans une succession d’implantations technologiques tous azimuts, de révision des processus, de réduction des coûts qui semblent davantage dictées par des impératifs de marché que par une claire vision pour l’entreprise.  Sans point de repère évident, les équipes peinent à identifier où cela va les mener ultimement. Quel est le but visé? Le pourquoi? Quel sens doit-on donner à toutes ces actions?

Bref, des questions qui demeurent sans réponses pour les équipes lorsque le leader n’agit pas personnellement comme bougie d’allumage et comme boussole pour mobiliser, orienter et donner le sens requis à ses équipes afin de leur permettre d’atteindre le but visé!

Tout a commencé avec une carte postale

Les gestionnaires que je côtoie dans le cadre de mes mandats, ou encore les personnes qui visitent ma page LinkedIn me demandent souvent, d’où me vient la phrase que je présente comme étant mon credo de vie : « Rêver, se lever et agir ».

Article - Conquérir l'Everest, commence toujours par un rêve! - Carte postale

Cette toute petite phrase figure sur une carte, un genre de carte postale, que m’a dédicacée Bernard Voyer l’explorateur québécois; dans le cadre d’une de ses conférences, il y maintenant plus de 15 ans.  Une petite carte postale bien banale de prime abord, mais que j’ai précieusement fait encadrer et fièrement accrochée au mur de mon bureau.

Bien que plusieurs années se soient écoulées depuis cette rencontre, chaque matin, dès que j’entre dans mon bureau, je relis avec toujours autant d’émotion, cette toute petite phrase « Rêver, se lever et agir ».  À tous coups, cela me rappelle un des plus beaux moments d’émerveillement que j’ai vécu et un apprentissage fondamental de leadership!

Permettez-moi donc vous raconter la petite histoire derrière la phrase de cette carte postale qui est devenue une source d’inspiration, qui m’anime depuis toutes ces années.

 À l’époque, je commençais ma vie comme gestionnaire et j’étais loin de me douter que j’allais vivre un moment d’inspiration, un déclic, qui allait devenir le fil conducteur de ma vie.  Nous sommes au début des années 2000.  J’assiste, avec plusieurs collègues à une conférence donnée par Bernard Voyer.  Bernard Voyer, c’est ce grand explorateur qui a bravé le climat des terres les plus hostiles de l’Arctique et de l’Antarctique et qui a, par-dessus tout, conquis le plus haut sommet du monde… l’Everest!

La conférence débute. Assis dans le noir de cette salle, j’écoute M. Voyer relater, en mots et en photos, sa récente conquête de l’Everest. À première vue, cet homme ne semble pas avoir grand-chose en commun avec moi.  À l’époque, avec mon allure plutôt enrobée, je n’avais ni le physique, ni la témérité d’un explorateur prêt à gravir les plus hauts sommets.  Je me suis dis «ça va être long» !

Cependant, je dois admettre qu’au-delà de ses exploits hautement médiatisés, je ne connaissais pas grand-chose de l’homme. J’ignorais totalement ce qui l’habitait profondément et j’étais encore loin de me douter que c’est lui et son inspiration qui allait devenir mon credo de vie.

Le rêve qui mobilise et donne du sens

Plus Bernard Voyer raconte son histoire, plus je le découvre. Bien soudé à mon siège, je suis maintenant suspendu à ses lèvres et savoure chacun de ses mots.  Je le suis, pas à pas, dans ses récits d’escalade et je m’approche, petit à petit, de ce qui l’anime profondément, ce qui lui a donné cette impulsion pour aller toujours plus haut!

Bref, à la fin de sa conférence, Bernard avait réussi à toucher toutes les personnes réunies et était venu nous chercher aux tripes! Moi, j’étais particulièrement ému.

Dès que les lumières se sont rallumées, je me précipite à l’avant pour pouvoir le rencontrer sur scène. Il me demande mon nom et me dédicace alors une carte qu’il me remet. Sur cette carte, je peux lire la pensée suivante «Rêver, se lever et agir».

C’est alors que le déclic s’est produit en moi et que j’ai compris! Si Bernard Voyer avait pu réaliser de si grands exploits, c’est d’abord parce qu’il portait un rêve.  Un rêve qu’il avait personnellement porté, puis partagé, avec passion et conviction, à ses collaborateurs.  Une fois ce rêve bien ancré, en travaillant tous ensemble vers un même objectif, ils se sont levés et ont agi en conséquence… et ce jusqu’à l’atteinte du but !

Il m’a alors tendu la main et nous nous sommes serré la pince. À ce moment précis, j’ai ressenti que j’avais moi aussi ce qu’il fallait pour conquérir, à ma manière, les sommets que la vie allait mettre sur mon chemin.  Les rêves que je nourrissais, ne resteraient que des rêves si je les gardais pour moi seul.

De cette rencontre avec Bernard, j’ai retenu que pour que les choses arrivent, je devais d’abord porter un rêve, le partager et m’investir avec passion. Personne ne pouvait le faire à ma place !  Si j’espérais que d’autres y croient, aie le goût de me suivre et d’embarquer, tout devait donc commencer avec moi!

Être inspirant et visible

Dans le feu de l’action de nos organisations et sentant l’urgence d’agir, beaucoup de gestionnaires sont tentés de sauter directement à l’exécution et à ainsi concentrer leur message aux équipes autour des plans, échéanciers et moyens.  Ce faisant, ils négligent l’importance capitale que joue la communication du sens et du pourquoi, par le leader.  Même si parfois les choses peuvent être claires et limpides pour la haute direction, cet état de limpidité ne percole pas aux différents paliers de l’organisation.  La direction tient trop souvent pour acquis que les gens adhéreront spontanément à la destination visée et comprendront pourquoi c’est important d’y arriver.

Article - Conquérir l'Everest, commence toujours par un rêve! - Boussole VisionIl existe un fait indéniable.  Les gens ont besoin de comprendre le pourquoi avant de s’engager et de se mobiliser dans l’action.  Cette quête de sens des équipes doit être portée et répondue par le leader lui-même. Pour conquérir l’Everest, c’est Bernard Voyer lui-même qui a porté, partagé et nourrit le rêve de conquête auprès de ses collaborateurs.

En effet, ce ne sont pas les PowerPoint, les experts externes ou encore les analyses de marché approfondies qui mobiliseront vos équipes. Le message doit venir et être porté par le leader. C’est lui que les gens veulent voir et entendre.  Il revient donc au leader de clarifier la destination que l’organisation souhaite atteindre, de même que les convictions et motivations personnelles qui l’animent.  Voici les clarifications auxquelles les gens s’attendent de leur leader :

  • Quel est son rêve, sa vision?
  • Quelles sont les convictions personnelles qu’il porte en lui?
  • Comment s’engage-t’il personnellement?
  • Au-delà des mots, que fait-il concrètement? Est-ce que ses gestes sont cohérents avec ses paroles? Incarne-t’il le changement souhaité au sein de l’entreprise?

En intervention auprès de cadres supérieurs, j’ai souvent recours à une citation de Gandhi qui dit «vous devez être le changement que vous souhaitez voir dans le monde».  En d’autres mots, vous ne pouvez demander à vos équipes de faire des choses que vous ne seriez pas prêt à faire vous-même.  Pour être crédibles et dignes de confiance aux yeux de vos équipes, elles doivent donc sentir que vous incarnez ce que vous proposez pour l’organisation, que ça vous habite… que cela vous passionne !

Une autre erreur fréquemment commise lorsque l’on souhaite engager les gestionnaires et les équipes dans une transformation, un nouveau plan stratégique, ou encore un projet d’envergure, est de s’adresser uniquement au côté rationnel du cerveau.  On néglige ainsi de s’adresser à la dimension émotionnelle des personnes.  Les gens aiment rêver! Ainsi, avant de leur présenter un itinéraire, étape par étape et tous les détails d’un plan, présentez-leur une photo (le rêve) de la destination et laissez-les s’imaginer comment ils se sentiront une fois rendus. C’est assurément plus puissant pour faire comprendre la direction que l’on souhaite prendre et favoriser l’engagement enthousiaste et durable des personnes. Une fois cette image de la destination bien ancrée, on peut procéder avec le détail, sachant très bien que si tout ne se déroule pas comme prévu aux plans, les gens se remémoreront cette destination et déploieront les efforts nécessaires pour y arriver.

Quand les gens sont sur le point de perdre de vue l’objectif ultime, de se décourager, il est important pour le leader de se rendre visible afin de rappeler la finalité visée et d’encourager les gens à maintenir les efforts pour y arriver. Steve Cannon ancien CEO de Mercedes Benz USA disait «Soyez visible et inspirant. Personne ne suivra un leader qu’il ne voit jamais!»

Un retour à la maison que je n’oublierai jamais !

Ce jour-là, après la conférence de Bernard Voyer, je me suis rapidement dirigé vers la maison.  J’étais tout excité de pouvoir partager à ma femme et à mon fils, alors âgé de 5 ans, ce moment d’émerveillement que je venais de vivre.

Article - Conquérir l'Everest, commence toujours par un rêve! - Fils de DannyAu souper, autour de la table, encore fébrile et rempli d’émotion, je leur raconte les exploits, mais surtout l’inspiration que je retire de cette rencontre. Je leur montre avec beaucoup de fierté la carte que Bernard m’a dédicacée. Je leur dis que pour toujours me rappeler de ce moment, j’allais la faire encadrer et l’afficher dans mon bureau.  Je leur partage alors que lorsque je suis allé à la rencontre de Bernard et que je lui ai serré la main, c’est comme si j’avais eu, par le contact physique de nos mains, le privilège de mettre ma propre main sur le drapeau qu’il avait planté au sommet. Comme si par procuration, j’avais conquis l’Everest avec lui !

Mon fils me regarde, ses yeux plus grands que ses petites lunettes, et la mâchoire décrochée. Il boit mes paroles! Pour un petit garçon de 5 ans, entendre son papa raconter qu’il a serré la main de l’homme qui a escaladé la plus haute montagne du monde… c’est presque irréel. C’est magique !

C’est alors que mon garçon, se lève de table et vient vers moi. Il me tend sa petite main et me dit «Papa, fais-moi toucher la plus haute montagne du monde».

Bien que les années aient passées, lorsque j’ai écrit ces dernières lignes, j’ai ressenti l’émotion avec la même intensité que ce jour où, grâce à cette poignée de main symbolique, j’ai été inspiré par Bernard et j’ai à mon tour inspiré mon fils, en lui permettant à lui aussi, de conquérir l’Everest !

«Rêver, se lever et agir» est depuis, devenue l’impulsion de ma vie et cette carte dédicacée par Bernard que j’ai encadrée, me rappelle chaque matin, depuis 15 ans maintenant, que dans la vie, pour que les rêves prennent forme, il faut s’investir avec passion et que tout commence avec soi !


Article écrit par Danny L. Desrosiers, MBADanny L. Desrosiers
Leader Culture & Business transformation
Partenaire LOEM en Expérience client Ominicanal.